Les incidents survenus dans la province du Pendjab ne se sont pas terminés, malgré la mise en place de policiers après l'appel au djihad du juin dernier qui a déjà poussé une cinquantaine de musulmans à attaquer le village de Bahmani Wala en représaille à une prétendue profanation du Coran.

Un nouvel assaut a eu lieu contre un quartier chrétien de Gojra, où un groupe de musulmans a incendié des maisons en faisant 8 morts, dont un enfant. 6 d'entre eux ont été brûlés vifs, dont quatre femmes, tandis que deux autres étaient assassinés par les émeutiers. Des coups de feu ont été échangés depuis les toits et d'après des images diffusées à la télévision, des maisons ont été incendiées et les rues de la ville sont jonchées de meubles calcinés.
L'affaire remonte à un différent entre deux voisins, l'un musulman, l'autre chrétien, de la ville de Bahmani Wala. Dès le lendemain, un appel au djihad était lancé de la mosquée d'une ville voisine pour insulte envers le prophète puis profanation du Coran. Les deux acusations se sont révélées sans fondement, selon le ministre de l'Intérieur du Pendjab : Rana Sanaullah. Il a condamné ces attaques et annoncé l'ouverture d'une enquête, imputant la responsabilité des violences au groupe islamiste interdit Sipah-e-Sahaba Pakistan.

"Ceci n'est pas l'oeuvre de musulmans. Un groupe d'extrémistes a exploité la situation" affirme-t-il.
"C'est une simple rumeur, exploitée par des éléments visant à semer le chaos. J'engage les deux communautés à faire preuve de retenue", a lancé le ministre provincial.

Le ministre des Minorités, Shahbaz Bhatti, a affirmé lui aussi que des groupes de personnes "instrumentalisées par des extrémistes religieux" ont attaqué un quartier chrétien pour y incendier des dizaines de maisons. Quoi qu'il en soit, les évènements mettent bien en cause une mosquée légale et des musulmans qui n'appartiennent pas à ce groupe.

Les écoles chrétiennes du Pakistan ont décidé de fermer leurs portes lundi pour trois jours, en signe de deuil et de protestation.

Profaner le Coran est passible de la peine de mort au Pakistan, où l’Islam est la religion dominante. Les chrétiens, qui représentent moins de 5 % des 175 millions de Pakistanais, affirment que les lois anti-blasphème sont utilisées régulièrement pour exercer des représailles sur leur communauté.

Au Vatican, le pape Benoît XVI s'est déclaré lundi "profondément attristé" par ces violences "insensées". Il a adressé un télégramme de condoléances aux familles des victimes et invité les chrétiens du Pakistan à "poursuivre leurs efforts pour contribuer à édifier une société marquée (...) par un respect mutuel" entre les croyants.