Abdul Sattar Khawasi Le 31 mai, une émission a été diffusée à une télévision locale montrant le témoignage des Afghans (anciens musulmans) convertis au christiannisme. La vidéo a embrasé le pays et a été reprise par toutes les télévision de l'Afghanistan.
Ce reportage avait été réalisé par deux ONG américaine et norvégienne (Church World Service et Norwegian Church Aid), qui ont aussitôt été accusées de prosélytisme et dont les activités dans le pays ont dès lors été suspendues. Le prosélytisme est passible en effet de la peine de mort en Afghanistan.

"Le président d'Afghanistan suit ce problème personnellement", a déclaré Waheed Omar, le porte-parole de la présidence. Cela a fait du bruit et du point de vue du président, c'est un problème sérieux qui nécessite une enquête".

Le président a demandé au ministère de l'Intérieur et aux services spéciaux de prendre des mesures "pour empêcher ce genre de phénomène". Les deux associations font l'objet d'une enquête, avait déclaré le porte-parole du ministère de l'Economie Mohammad Sidiq Amerkhail, mais elles nient tout prosélytisme dans leurs activités.

"S'il est démontré qu'elles ont été impliquées dans des actions de prosélytisme, que la loi afghane définit comme un crime, elle ne seront pas seulement interdites mais traduites en justice pour être punies", a-t-il ajouté.

Abdul Sattar Khawasi, un député, a estié devant ses collègues au Parlement que :

"Les Afghans apparus dans cette vidéo devraient être exécutés en public, l'Assemblée nationale devrait ordonner au procureur et aux NDS (les services spéciaux afghans, ndlr) d'arrêter ces Afghans et de les exécuter".

L’émission en question, dans laquelle les téléspectateurs ont pu entendre des témoignages et voir des baptêmes, a été reprise par toutes les chaînes de télévision afghanes le 31 mai, suscitant des déclarations incendiaires et des menaces à l’égard des chrétiens afghans. Plusieurs centaines d’étudiants de l’université de Kaboul sont descendus dans la rue manifester leur colère.
Le débat fait rage dans la classe politique et met les chrétiens d’origine musulmane en grand danger. Certains ont été contraints d’entrer dans la clandestinité, d’autres ont réussi à fuir le pays, deux sont portés disparus et un a été arrêté.