Mgr Luigi Padovese, vicaire apostolique d’Anatolie (Turqui) et président de la conférence épiscopale turque, a été poignardé puis égorgé jeudi 3 juin à son domicile par son chauffeur. Mgr Padovese, 63 ans, officiait depuis 2004 à Iskenderun, non loin d'Antakya, l'ancienne Antioche où se trouve la grotte qui fut un lieu de réunion secret des premiers chrétiens.
Son chauffeur, Murat Altun, 26 ans, a été inculpé vendredi. Il travaillait pour Mgr Padovese depuis plus de quatre ans, et a été arrêté peu après son geste avec l’arme du crime et a affirmé à la police avoir agi après avoir reçu une « révélation » divine.

Selon AsiaNews, agence de l'institut pontifical des missions étrangères, Mgr Padovese «a été poignardé dans sa maison (à Iskenderun), est parvenu à sortir de son domicile pour demander de l'aide». Une fois au sol, il aurait alors été décapité par le chauffeur, qui est ensuite monté sur le toit. Là il aurait crié «J'ai tué le grand Satan, Allah Akbar» («Dieu est grand», en arabe) depuis le toit de la maison du prélat.

Selon la presse turque, le meurtrier avait quitté quelques jours auparavant les services psychiatriques d'un hôpital et aurait déclaré à la police avoir eu une «révélation divine». Les autorités locales s'étaient empressées d'exclure un acte politique. L'avocat et la mère du meurtrier ont confirmé que le chauffeur, qui était au service de l'évêque depuis quatre ans, souffrait de problèmes psychologiques.

Dans l'avion qui l'emmenait à Chypre vendredi, le pape Benoît XVI lui-même avait affirmé que ce n'était «pas un assassinat politique ou religieux», tout en reconnaissant disposer de peu d'informations.

Cependant, des catholiques ne manquent pas de rappeler que Mgr Padovese était attendu à Nicosie par le pape au cours de son déplacement à Chypre, pour y recevoir le document de travail du synode pour le Moyen Orient :Instrumentum Laboris, déplacement au cours duquel le pape devait notamment évoquer le sort tragique des chrétiens d’Orient.
Le pape a ainsi déploré « les conflits et le sang qui coule » au Moyen-Orient, en regrettant la destruction par les Turcs de nombreux édifices chrétiens dans l’île de Chypre.
Pour autant, le devoir d'apaisement pousse les observateurs à ne pas y voir de rapport, de crainte d'impliquer la Turquie dans cet acte individuel.

Le pape a rappelé l'engagement de Mgr Padovese pour le dialogue interreligieux et pour l'œcuménisme :

« Je confie son âme à la miséricorde du Dieu tout puissant, conscient à quel point il était engagé, spécialement en tant qu'évêque, pour la compréhension interreligieuse et interculturelle, et pour le dialogue entre les Eglises ».
« Sa mort, a insisté le pape, nous rappelle « la vocation de tous les chrétiens à témoigner courageusement en toute circonstance, de ce qui est bon, noble et juste ».

Une messe a été célébrée samedi dans l’église d’Iskenderun à la mémoire de Mgr Padovese.

Il est tout de même piquant de constater le nombre important de "déséquilibrés" fanatiques qui se promènent en Turquie avec un couteau au poing. A chaque fois qu'un chrétien est assassiné, c'est toujours l'oeuvre d'un déséquilibré. Et Dieu sait s'ils sont souvent assassinés ! Et toujours pour des motifs religieux !