Le 13 août 2010, le Cheikh Tobah, Imam d'un village de Shimi à 170 KM au sud de Giza, a appelé au Jihad contre les chrétiens locaux au cours de la prière du vendredi (et pendant le Ramadan). Les coptes vivant dans le village ont été alors attaqués pendant deux jours, et onze coptes ont été hospitalisés tandis que beaucoup d'autres étaient arrêtés.

Les attaques ont commencé quelques heures seulement après les incitations de l'imam.

L'origine de ce Jihad semble être une dispute dans le village entre un copte, Maher Amin, qui lavait son taxi, et un musulman extremiste, Mohamed Ali Almstaui, qui s'est envenimée quand Mohamed a ataqué Maher. Des témoins ont mis fin à l'altercation. Cependant, après la rupture du ramadan en soirée, Ahmad, le frère de Mohamed, qui est connu pour appartenir à une organisation extrémiste, est allé jusqu'au foyer de Maher avec une vingtaine d'hommes, forçant la porte pour l'attaquer lui et sa famille à coups de batons, frappant aussi sa vieille mère et sa seur paralysée, et détruisant son mobilier.

Les forces de sécurité sont venues et ont emporté les victimes chrétiennes pour les retenir au commissariat malgré leurs blessures, où ils furent poussés à accepter une "réconciliation" avec leurs agresseurs, en raison du "saint mois du Ramadan". Les pressions provenaient de Saad Gamal, parlementaire pour Elsaff. Aucun musulman n'a été arrêté.

Le jour suivant la réconciliation, un grand nombre de musulmans ont été réunis par la famille Almstauis et ont attaqué de nouveau les maisons des coptes, frappant les habitants puis sont allés dans les champs attaquer également les coptes qui y travaillaient.

"Pourquoi ne feraient-ils pas ainsi ? quand on leur dit que le parlement les protégera ?" a déclaré le révérend Ezra Nageh de l'Eglise St George à Elsaff. "Alors à qui devons-nous demander de l'aide ? Le parlementaire Saad Gamal hait les chrétiens, et le président Mubarak prétend n'être pas informé de nos difficultés."

Ghali Tawfik, une des victimes coptes, déplore :

"On nous contraint à la réconciliation, et en moins de 24 heures, on nous attaque encore."

Karam Bebawy, une aure victime, dit que l'arrivée au village deux semaines plus tôt d'étrangers "portant de longues barbes et des robes courtes comme les islamistes" a quelque chose à voir dans l'affaire. Il dit que ses voisins musulmans se sont retournés contre lui sans raison depuis lors.

La police a relâchés lundi les victimes arrêtées vendredi, et ont arrêtée trois jeunes coptes pour d'anciennes charges. Le révérend Ezra estime que ce n'est qu'une vieille méthode pour contraindre l'Eglise locale d'accepter la réconciliation. Le maire du village, le cheikh Saad a aloers contacté le révérend Ezra le 14 août pour obtenir une seconde réconciliation, mais a obtenu un refus.