Nous
étions une grosse trentaine finalement rassemblés devant les grilles de la préfecture
du Rhône, où nous avait été donné rendez-vous à 11h30
pour rencontrer M. le préfet et lui remettre officiellement la pétition de 22
000 signatures à transmettre au ministre de l’intérieur M. Sarkozy.
Nous attendions que quelques journalistes
fassent le déplacement, mais aucun parmi ceux contactés n’a jugé
notre action digne d’intérêt (France 3 Rhône, TF1, TLM, RTL, France-Info,
Le Figaro, le Progrès, Libération, 20 minutes et d’autres…).
Mme le chef de cabinet du Préfet est venue nous rencontrer sur le trottoir
à l’heure dite, non pas pour nous conduire au Préfet, mais pour recevoir
la pétition.
Nous nous étonnons de ne pouvoir rencontrer le préfet, et l’on
nous apprend qu’il est à Paris pour la journée.
Le rendez-vous donné à 11h30 était donc faux.
De plus en plus étonnés,
nous demandons à être au moins reçus convenablement, mais le chef de cabinet
estime qu’elle peut recevoir la pétition sur le trottoir, que cela ira très
bien.
Il nous faut finalement une demi-heure de tractation pour obtenir d’être reçu
dans une salle d’audience, où Mme le chef de cabinet nous promet d’ «
écouter notre requête ». Cela ressemble plus à une farce qu’autre
chose, et nous décidons de conserver la pétition, et de la remettre au ministre
de l’intérieur par un autre moyen, qui portera plus d’attention et de respect
aux 22 000 personnes qui ont signé cette pétition.
Nous nous passerons dorénavant des services d'une préfecture pourtant
gouvernée par ce ministre de l'Intérieur à qui nous nous adressons, qui
n'est pas capable d'accueillir les citoyens qui ont un message à faire passer à
leur ministre.
Le président du cabinet du préfet nous a recontacté pour s'étonner
de notre refus de remise de la pétition, et explique qu'il est l'usage à la préfecture
de recevoir les pétitions sur le trottoir. La république ne peut-elle faire mieux
pour 22 000 personnes déjà consternées par la manière dont on les
traite !!!!
Une journaliste de l’AFP nous a rappelés ultérieurement, pour
prendre acte du non-dépôt de la pétition, pensant que c’est parce
que M. Sarkozy avait déjà réagi à la profanation d’Act-Up.
Cette réaction ayant été faite exclusivement au milieu des militant de
l’UMP, de manière très prudente et sans vouloir nommer Act-Up, et aucun
média n’ayant trouvé utile de se faire l’écho de cette prudente
condamnation sinon le journal La Croix, nous estimons que le ministre M. Sarkozy a d’autres
moyens de faire entendre sa condamnation – et de lui donner corps par des sanctions –
s’il avait réellement l’intention de communiquer à ce sujet.
(il semble d’ailleurs que ses paroles n’étaient qu’une réponse
à une question posée par un des militants) ;
Quand Act-Up a les moyens de mobiliser France 3, nous pensons que M. Sarkozy
a des moyens d'expression publics plus adaptés à l'offense qui a été
commise.